Conversion - poésie par Ion Barbu


 

Conversion

poésie par Ion Barbu

A une femme du Nord...

Par quels chemins embrouillés, à partir de quelle croisée
Commence notre nuit à découler, je ne sais plus.
Aux vitres, je vois juste la course du carosse nous enlever,
Un sac de sommeil sur le siège: le charretier bossu.

Dans la langue parlée dans ton pays, je m'évertue à dire
Que tu incarnes le suprême bien et mon empyrée;
Qu'elle ne comporte une autre merveille, ni un autre point de mire
La ville dragon, la ville carapace et tellement verrouillée.

Les yeux à demi fermés (lesquels veulent dire: Vas-y!)
Tu dévisageais le mâle noiraud de Valachie;
Les yeux à demi fermés, tu lui faisais déjà foi,
Ma première dame, cachée par un tas de voiles et de soies!

Sur des rameaux de rêve, deux bourgeons humides: tes yeux
S'épanouissaient lorsque, dans les salons, certains feux
Bruinaient une précieuse lumière devant les vitres de mon coche
Sous l'empire de la peur, je t'ai embrassée sur la bouche.

Et, deçu, t'ai priée, sur mon sort pleurant avec bruit
D'oublier la maladresse du garçon que moi, je suis.
Car je rêve... comme le petit avide au sein de sa maman,
De ta chair candide et blanche, de fille du peuple allemand.

Plus rare encore que la fraîcheur au mois de juillet
Tu m'as glissé des mains, comme une fillasse as défait
Tes cheveux, pareils à un jaune et vaste, meilleux éther.

Et je suis maintenant plus riche de ton don, car je sais
Que la différence est colossale entre "femme" et "moukère".


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